Technologie  » habilitante  » et pauvreté

Le SMSI (Sommet mondial sur la société de l’information) a reconnu que les technologies de la communication et de l’information (TIC) jouent un rôle clé en tant que  » catalyseurs  » du développement durable et de la réduction de la pauvreté, conformément à la Déclaration du Millénaire, dont le but ultime est de  » faire en sorte que les avantages des nouvelles technologies, notamment les technologies de l’information et des communications, soient accessibles à tous « .Bien sûr, la première question qui se pose est – étant donné que les ressources pour le développement et l’aide humanitaire en général sont rares – : dans quelle mesure est-il audacieux d’investir dans la technologie quand il existe des problèmes urgents de faim, de soif, de santé et de survie ?

Nous sommes pressés à juste titre par ces nécessités de base, qui nous amènent à agir avec des actions ponctuelles, urgentes et à court terme. De par leur nature même, elles agissent pour assurer leur survie, mais elles n’agissent pas réellement comme des instruments de développement et de promotion sociale. Des plans à moyen et à long terme sont nécessaires pour améliorer le niveau de vie, et c’est dans ces plans que la technologie a tant à offrir.
Qu’est-ce qu’on vous propose ? Avant tout, un accroissement de l’information et de la connaissance dans tous les domaines (pensez aux frontières ouvertes par l’enseignement à distance et la télémédecine, mais aussi à la possibilité de contact et de collaboration entre cultures et populations de différentes zones géographiques). C’est cette croissance des connaissances qui, avec le temps, peut aider une communauté à sortir de la pauvreté et à la rendre capable de progresser.

Il est donc clair que des actions à court terme et des projets à long terme sont tous deux nécessaires pour réduire la pauvreté, l’un ne doit pas exclure l’autre, mais doit le compléter.La communauté mondiale évalue de plus en plus la contribution de la technologie au progrès humain, mais il manque encore aujourd’hui une analyse empirique des données montrant l’efficacité des TIC dans la lutte contre la pauvreté.

Jusqu’à il y a quelques années, elle se limitait à une analyse quantitative de la diffusion des technologies : diffusion des infrastructures, combien de téléphones mobiles pour cent habitants, combien d’ordinateurs.Cependant, on s’est rendu compte que si, à partir de ces statistiques, on peut saisir le taux de diffusion de la technologie dans un pays, on ne peut pas en déduire son influence sur les pauvres et sur la réduction de la pauvreté.

Il y a aussi ceux qui contestent le fait que les TIC sont utilisées pour réduire la pauvreté. Parce que, par exemple, il a été vérifié que, lorsque la technologie est fournie, les derniers bénéficiaires sont les pauvres, les analphabètes, les femmes, les habitants des zones rurales, les marginalisés. La pauvreté peut être exacerbée.Lorsqu’il s’agit de l’impact des TIC sur la pauvreté, il faut garder à l’esprit que la pauvreté est le résultat de l’interaction de divers processus politiques et socio-économiques, qui se renforcent souvent mutuellement. C’est pourquoi, pour la combattre, il faut des stratégies qui incluent tous ces fronts.L’objectif est de définir des indicateurs qualitatifs qui aident à répondre aux questions sur la technologie la mieux adaptée aux conditions locales, sur l’intégration de la technologie dans la vie quotidienne des pauvres, sur la mesure dans laquelle le cadre réglementaire local affecte l’utilisation de la technologie et sur les obstacles discriminatoires dus à la race ou au sexe.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *