La crise des vocations scientifiques

Les arguments les plus souvent cités pour certifier le déclin du système italien sont certainement le faible investissement dans la recherche et le développement, tant dans le secteur privé que dans le secteur public, ainsi que la faible incidence de la main-d’œuvre qualifiée, titulaire d’un diplôme de l’enseignement supérieur, notamment dans les disciplines scientifiques. L’importance de l’enseignement scientifique et technologique a également été reconnue par le Conseil européen de Lisbonne qui, parmi les mesures nécessaires pour assurer la croissance et la compétitivité, a recommandé que « le nombre total de diplômés en mathématiques, sciences et technologie augmente de 15% d’ici 2010 » (en Italie, pour atteindre cet objectif, nous devrions compter en 2010 près de 5 000 diplômés supplémentaires dans les disciplines scientifiques et technologiques contre 31 480 en 2001).

 

2Dans ce travail, nous nous concentrerons sur le déclin de l’intérêt des jeunes pour ces disciplines en tenant compte des différents aspects du problème :

  • l’évolution des effectifs, les caractéristiques des diplômés dans les disciplines scientifiques et technologiques et les méthodes de l’enseignement universitaire ;
  • les carences du système d’enseignement pré-universitaire et la manière dont les sciences sont enseignées dans le système scolaire ;
  • la performance des diplômés dans les disciplines scientifiques et technologiques sur le marché du travail.

Nous tenterons ensuite d’examiner le déclin de l’intérêt pour les sciences en nous référant à la phase précédant le choix de l’université, le moment du choix et le parcours universitaire et enfin à la phase suivante de placement sur le marché du travail. Pour mener à bien notre raisonnement, outre l’élaboration de quelques données statistiques, nous avons utilisé l’avis de quelques experts travaillant dans le monde académique et scolaire, qui ont accepté de participer à un groupe de discussion1 réuni spécifiquement pour discuter de la crise des vocations scientifiques des jeunes Italiens. Les données statistiques que nous avons collectées et traitées ont été discutées avec les experts qui, sur la base de leur expérience, nous ont permis d’enrichir nos explications et interprétations.

5L’opinion des experts sera rapportée de temps en temps pour commenter des questions spécifiques, mais déjà ici il est possible d’anticiper que les principales raisons de la crise qui a émergé de la discussion sont principalement le manque de compétences mathématiques et scientifiques acquises par les élèves italiens du secondaire, le manque de prestige associé à la figure du chercheur en général et le scientifique en particulier, les conditions d’étroitesse dans lesquelles on se trouve à faire de la recherche en Italie, tant dans le secteur public que dans le secteur privé, l’incertitude et la précarité d’une carrière universitaire, une position professionnelle insatisfaisante et souvent de repli, les limites de la communication et de la diffusion scientifique qui rendent la profession de scientifique peu claire et peu attractive, ainsi que la sous-altérité générale et historique de la culture scientifique par rapport à celle humaniste.Mais commençons dans l’ordre, en commençant par les données miur sur les inscriptions à l’université au cours des dix dernières années.

 

Le choix de l’université

Si l’on analyse les données sur l’évolution des inscriptions dans les universités au cours des dix dernières années, on constate une baisse globale des inscriptions au cours des années 1999-2000 et 2000-2001, où les inscriptions ont diminué de 14,4 et 11,9 % par rapport à 1995. Les années suivantes, lorsque la réforme de l’université a commencé (« 3+2 »), ont été caractérisées par une légère reprise, mais celle-ci reste à confirmer pour l’année universitaire en cours (aucune donnée définitive sur les inscriptions n’est encore disponible).

 

Une tendance similaire a été enregistrée dans le domaine des groupes scientifiques et technologiques, même si le chiffre moyen reflète des situations très différentes, dans lesquelles coexistent la stagnation substantielle des membres du groupe scientifique au sens strict (c’est-à-dire mathématique-physique-informatique), une certaine baisse du nombre de membres du Génie et la dynamique la plus brillante des groupes géo-biologiques et, surtout, chimico pharmaceutiques (le chiffre concernant la croissance constante des enregistrements au groupe médical est montré dans le tableau pour comparaison seulement).

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